ArboriconseilLe diagnostic sécuritaire: nos outils


LE MAILLET ET LA TIGE SONDE: AUSCULTER L’ARBRE (A)

Un maillet, cet outil peut paraître simpliste! Est-ce la peine d’en parler? Oui, il nous sert à heurter l’arbre. Nous écoutons les sons rendus par cette frappe. Sont ils sourds ou clairs? Nous en déduisons la présence éventuelle de défauts internes à confirmer par d’autres méthodes. C’est comparable à l’auscultation d’un médecin. Tout est dans l’expérience et l’interprétation des sons rendus.

Feriez-vous confiance à un médecin qui ne vous ausculterait pas?

Nous utilisons aussi la tige-sonde dont la facilité de pénétration nous renseigne sur l’état interne des cavités (leur étendue et la présence de pourritures...). Elle ne cause aux arbres que des perturbations minimes qui ne créent pas de nouvelle voie d’entrée pour les agents pathogènes.

 

LA TARIERE: TESTER LA STRUCTURE INTERNE DE L’ARBRE (B)

Les médecins ne font pas qu’ausculter leurs patients. Dans les cas sérieux,
ils font des examens plus poussés (par exemple des biopsies). C’est ce que
nous faisons avec la tarière qui sert à prendre des carottes « échantillons » qui nous permettent de connaître l’état du bois interne.

Le carottage est traumatisant pour l’arbre. Nous ne l’utilisons qu’avec parcimonie et dans les cas graves ou pour des études de dendrochronologie.

 

LE PENETROMETRE: MESURER LA QUALITE DU BOIS (C)

Si nous avons des suspicions d’un défaut interne ou du pourrissement d’une partie de l’arbre, nous utilisons le pénétromètre qui mesure la difficulté de pénétration d’une mince tige perforante. Cet outil nous donne, millimètre par millimètre une mesure de la densité du bois et donc de l’état mécanique du tronc. Les deux ou trois trous créés sont très minces et se referment quasi instantanément. Les voies d’entrées ainsi ouvertes pour les agents pathogènes sont petites mais leur importance exacte est encore à l’étude.

 

 

 

ArboriconseilLE TOMOGRAPHE PICUS™ SONORE:
UN SCANNER DE L’ARBRE (D)

Ausculter l’arbre est nécessaire mais, voir ses cavités internes, c’est mieux. En médecine le scanner permet un diagnostic visuel avancé. Pouvons-nous faire de même? De plus, certains outils décrits auparavant sont invasifs. Ils traumatisent l’arbre et ne permettent qu’un diagnostic approximatif. Le tomographe Picus employé par Arboriconseil permet un diagnostic avancé et non invasif. On commence par déterminer la forme exacte de l’arbre avec un pantographe digital relié à un ordinateur. Des capteurs sonores sont placés autour de l’arbre (photo A). En frappant avec un marteau électronique sur des clous spéciaux situés au dessus des capteurs, vous générez des ondes sonores dans l’arbre. Les capteurs les reçoivent et mesurent leurs temps de transit dans l’arbre.Ce temps est allongé lorsque l’onde traverse ou contourne une zone de bois pourri ou une cavité. Un logiciel mathématique utilise alors ces mesures et la forme déterminée au pantographe pour déterminer en temps réel la forme de la cavité et vous la présente sur l’écran (Photo C: un arbre avec une pourriture interne due à un champignon, Photo D: le tomogramme associé, les zones creuses et/ou pourries sont en bleu). En recommençant cette mesure à diverses hauteurs vous avez une vision 3D de l’intérieur de l’arbre (Photo E). Vous pouvez alors préciser son pronostic de dangerosité. Tout arbre de valeur et supposé dangereux devrait être soumis à cette procédure.

 

 

 

LE TOMOGRAPHE PICUS™ A IMPEDANCE ELECTRIQUE:
UN DEVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE RECENT
(E)

 

Arboriconseil

 

Cet appareil (photo E1) utilise l’injection de courant électrique pour obtenir un profil d’impédance électrique du bois dans une section plane. L’impédance dépend des propriétés chimiques du bois (structure cellulaire, contenu en eau, concentration des ions…). Cet instrument détermine donc ces propriétés chimiques dans la section examinée et en donne une carte bi-dimensionnelle. Chaque type d’arbre a un profil d’impédance typique et celui-ci est modifié par les atteintes à la qualité du bois. Cela se voit donc sur l’impédance et on détecte le pourrissement à un stade très précoce. Utilisé en conjonction avec le tomographe sonore, le tomographe à impédance permet une détection et une analyse très fine des altérations internes du bois.
Il est par exemple possible de faire une distinction entre un bois à haute teneur en eau (pourrissement) et des cavités internes. Les deux panneaux E2 et E3 montrent chacun à gauche un tomogramme sonore et à droite un tomogramme d’impédance pour deux marronniers différents. Dans les deux cas, le tomogramme sonore montre une zone centrale de densité moindre (la zone bleue) mais ne permet pas de tirer d’autre conclusion. Les tomogrammes électriques différencient fortement cette zone centrale. Dans le panneau B elle est bleue ce qui indique une basse impédance (bois mouillé =wet wood). Dans le panneau C, elle est rouge (haute impédance, zone sèche, probablement une cavité).

 

 

ArboriconseilLE TEST DE TRACTION (F)

La méthode de statique intégrée (SIM) développée par Wessoly et Sinn à l’Université de Stuttgart permet une détermination précise et non invasive de la sécurité présentée par un arbre (probabilité qu’il a de se rompre ou de se déraciner). On exerce une traction sur l’arbre à examiner en utilisant un câble et un winch puissant. On simule ainsi l’effet de la charge due au vent. On mesure alors les réactions de l’arbre soumis à traction au moyen d’un capteur de force mesurant la force de traction, d’un élastomètre (mesure de l’allongement des fibres marginales) et d’un inclinomètre (mesure de l’inclinaison) de haute sensibilité. On compare alors les données recueillies à des tables où sont renseignées les caractéristiques des arbres sains.
On tient ainsi compte de trois caractéristiques principales de la charge exercée sur un arbre: la charge du vent, les propriétés matérielles du bois vert et la surface de la structure portant la charge (diamètre du tronc, présence de cavités).

 

Sans mettre en place le test de traction qui est lourd et peu flexible, nous étudions actuellement la possibilité d’instrumenter un arbre par un élastomètre et un inclinomètre, d’enregistrer ses vibrations lors de périodes de vent et d’en tirer des renseignements sur sa stabilité.

Voir aussi: Diagnostic sécuritaire - Méthodologie - Exemples tirés des rapports